Ville de Bonaventure
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Ville de Bonaventure

Histoire et patrimoine

L’Acadie du Québec

La très grande majorité des habitants de Bonaventure sont d’origine acadienne.

La tragique histoire du « grand dérangement » est bien connue. L’ancienne Acadie française comprenait la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick les îles du golfe Saint-Laurent ainsi que l’État du Maine (États-Unis). En août 1755, commence le premier épisode de ce qu’il faut bien appeler une tentative de génocide : les Acadiens de Beaubassin sont faits prisonniers et leurs biens, confisqués. Les familles sont démembrées. Les mêmes honteux événements se répéteront en plusieurs endroits.

Un bon nombre, pourtant, réussissent à s’enfuir. Certains payèrent de leur vie leur soif de liberté. Pendant l’hiver 1756-1757, environ 600 moururent de faim, de misère et d’épidémie dans la région de Miramichi. D’autres, plus heureux, réussirent à atteindre la côte sud de la Gaspésie actuelle; c’est ainsi que commencèrent de nouveaux établissements : Bonaventure en est un. Pour des raisons de sécurité et de survie, les fuyards choisirent des sites offrants des voies de communication intérieure, des rivières poissonneuses, des havres naturels et des sols cultivables. Ils firent bon ménage avec les premiers habitants, les Amérindiens (Micmacs).

Une fois la situation politique devenue plus calme, les Acadiens s’accrochèrent à leur terre (ou, du moins, à ce qu’ils estimaient telle, car les titres de propriété tardèrent bien longtemps à leur parvenir). Ceux de Bonaventure furent les premiers dans la Baie-des-Chaleurs à consacrer leurs énergies davantage à la culture du sol qu’à la pêche. Ainsi, Bonaventure se distingua rapidement de certaines autres paroisses asservies par les monopolisateurs du commerce de la morue.

Malgré les terribles événements évoqués plus haut, le peuple acadien ne s’est pas satisfait de survivre; on compte près d’un million de personnes d’origine acadienne au Québec et deux millions dans toute l’Amérique du Nord. Bonaventure, comme certains autres berceaux acadiens, reste fière de sa riche culture et de son histoire, où le courage et la fidélité affrontent les coups du sort.

La toponymie

Bonaventure existe dans la toponymie québécoise depuis les tout débuts de la Nouvelle-France. Son origine reste inconnue. Jusqu’à maintenant, on ne peut considérer que comme des hypothèses les différentes explications qui ont été soumises par des historiens ou des chercheurs. C’est du moins l’opinion de la Commission de toponymie du Québec, dans son ouvrage Noms et lieux du Québec dont nous résumons ici les recherches.

Il est certain que l’île Bonaventure, située à une centaine de kilomètres à l’est de la ville du même nom, a été la première à être nommée ainsi. Cette appellation fut d’abord attribuée avec la graphie « bonne aventure », sous laquelle elle était connue des découvreurs, avant d’être transférée à la municipalité de Saint-Bonaventure-de-Hamilton en 1884, nom réduit à Bonaventure en 1955. Les mots « bonne aventure » apparaissent d’ailleurs sur la carte de Levasseur, en 1601. Dans Les Voyages de la Nouvelle-France… de 1632, Champlain, fondateur de Québec, écrit :

« Le 20 [juin 1926], nous fusme mouiller l’ancre, entre l’Isle de Bonaventure [sic] et l’Isle percée […]. »

Toutefois, la rivière du même nom, sur chacun des côtés de laquelle une concession était accordée en 1697 à Charles-Henry de La Croix, capitaine de compagnie en 1695, portait déjà le nom de Bonaventure.

Les hypothèses les plus fréquemment avancées sur l’origine du nom sont les suivantes :

L’expression « bonne aventure » aurait été attribuée à l’île pour marquer l’heureuse arrivée de la traversée des bateaux en provenances des Vieux Pays, et ce, dans un mouillage bien protégé des vents;

Jacques Cartier lui aurait donné ce nom parce qu’il jeta l’ancre en face de l’île le 13 juillet et en repartait le lendemain, 14 juillet, fête de Saint-Bonaventure, docteur de l’Église;

Pour certains, on désirait rappeler le souvenir du Trifluvien Simon-Pierre Denys de Bonaventure (1659-1711), officier de marine et gouverneur français de l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard).

Le nom de l’île rappellerait celui du navire « Le Bonaventure », navire français venu dans le golfe du Saint-Laurent en 1591 pour Monsieur de la Court Pré-Ravillon et de Grand Pré, afin de « tuer et faire de l’huile des bêtes appelées morses avec de grandes dents […]. »

Quant à la rivière Bonaventure, il semble que ce toponyme lui ait été donné par un phénomène de transplantation (transport direct de noms géographiques d’un lieu à un autre). Il n’est pas sans intérêt de rappeler que, dans l’acte de concession de la seigneurie, le 23 avril 1697, le vocable « rivière de Bonaventure » [sic] est mentionné à deux reprises.

Aucune hypothèse ne s’impose de manière définitive, mais la plus plausible voudrait qu’on ait voulu marquer la qualité exceptionnelle de la pêche effectuée près de l’île Bonaventure, bonne aventure ayant le sens de bonne chance au XVIe siècle.

Pour les Micmacs, premiers habitants de la région, Bonaventure se disait Wagametgug ou Ouagamette, ce qui signifie « rivière limpide » ou « eau claire ».

Quelques familles acadiennes seulement sont à l’origine de Bonaventure. C’est pourquoi on retrouve peu de noms différents, mais beaucoup D’Arsenault, de Bourdages, de Bujold, de Poirier, etc. Les Bonaventuriens ont pour donc pour ancêtres une douzaine de familles d’exilés acadiens arrivés en 1760, en provenance de Beaubassin, ce qui a suscité le blason Cayens, parfois attribué aux habitants de la région.

Le 3 mai 1997, le statut juridique de Bonaventure passait de celui de municipalité à celui de ville.

Source :
Noms et Lieux du Québec, Commission de toponymie du Québec.